Lundi 10 octobre 2011
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Je viens de découvrir l'invasion de mon blog par la publicité. Par conséquent, je cesserai d'y écrire. Si mes textes ainsi que ceux écrits par les co-écrivants que
je croise dans et en dehors des d'ateliers d'écriture que j'anime, vous intéressent, je vous invite à visiter le site de mon association CICLOP-PASSAGES.
http://passages-ecriture.fr
Bien à vous
Manoell
Publié dans : croquis du jour
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Vendredi 1 avril 2011
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12:39
Di-apason mon maître
me pardonneras-tu ?
mon outrecu-idance
Ecrire ton éloge
Di-eu ! Quelle prétention !
Je ne suis, loin de là
pas habile à la tâche
j'ai bien plus d'une gamme
à ma disposition
et pourtant diapason
mon chant sonnera moins
juste que ton son.
Unique inchangé
le même chaque jour
il suffit de frapper
certes toniquement
sur le plan de la table
où se mêlent feuillets
pour sentir dans la main
la formicati-on
la sourde vibration
et enfin mon puissantt
étalon, là, le son.
Effet exponentiel
Quatre cent quarante hertz
Une note limpide
propre à faire jou-ir
entends la di-érèse
tous les membr's de l'orchestre
Ah! sentir dans ma main
le familier volume
le parfait équilibre
staturopondéral
le bon froid de l'alliage
et le son bel et froid
qui onde dans la fourche
du gracile instrument.
Puis glissé dans ma trousse
entre des stylos roses
des verts des noirs désargentés
des mines de papier
ici qu'ils puisent de grâc'
la régularité
la fi-abilité
la fréquence
cette justesse-là
qui leur fera chanter
Ma sonate d'été.
Di-apason mon maître
c'est vrai je le confesse
j'aim' te manipuler
à dessein de mistoufle.
Pour mon amie Caarol
je te prends dans ma trousse
je te tire de ta housse
je te brandis enfin
d'avance je jubile
« Avant de prendre plume
entends le la » lui dis-je
« le la, le son du jour
car cela va sans dire
nous ne saurions partir
dans les limbes d'écrire
le mystère de l'insu
aux mille sonorités
avant d'avoir perçu
avant d'avoir oü-i
le mot sphère du jour. »
Là, je te fais chanter.
Appliquée elle écoute
se recueille et s'incline
ô pouvoir
de l'U vibratoire
de l'U métallique.
Publié dans : croquis du jour
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Jeudi 9 décembre 2010
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17:22
Elle soupire comme un béret rose
Elle s'agite comme un pélican
le temps le temps
le temps se dépose comme un célèbre arrosoir
Elle meurt de craindre la sécheresse
Va-t-en va-t-en
Elle quitte la motte de terre
Elle s'extasie devant le ciel ouvert
pourtant pourtant
Elle pleure comme une madeleine
Elle regrette les gros yeux de la mère
lentement lentement
Elle se déforme l'animale
Elle, souple, auguille, un barpapapa
sûrement, sûrement
Elle devient lime humide
Et les horloges sont celles de Dali
le temps le temps
diffuse en bulles de plaisir
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Jeudi 18 novembre 2010
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09:59
- Chantal fut fort surprise quand au téléphone, on lui annonça qu'elle était l'heureuse gagnante d'un voyage en Croatie, avion et hôtel compris. Chantal devait se présenter au Comptoir du
hasard,rue St quelque-chose dans le truc arrondissement, le lendemain, pour retirer les billets et autres documents (réservations, brochures d'information,
numéros utiles, quelques éléments sur la langue etc). Elle ne devait pas s'inquiéter du choix dans la date, tout était bien évidemment Open. Elle doit juste se munir de son agenda sur lequel,
fort probablement sont notés les jours de RTT et la date des congés annuels, n'est-ce pas Chantal, avec un prénom pareil. Et aussi, de son plus beau tailleur (pour la photo) et de son plus beau
sourire (également pour la photo et peut-être plus). Elle était l'heureuse gagnante d'un tirage au sort auxquels participèrent plus de 2 millions 350 individus, des hommes et des femmes de 30 à
50 ans célibataires, cela méritait bien un sourire n'est-ce pas Chantal ? D'ailleurs, je le vois d'ici votre sourire porté par les ondes de la téléphonie, c'est une façon de parler bien
évidemment, quoique, avec skype, avez-vous Skype ? Non ! Vraiment, je le regrette. Il me faudra patienter jusque demain pour voir votre visage et sourire radieux. A demain Chantal, à demain ?
Vous le méritiez ce voyage.
- Chantal n'eut pas le temps de répondre, d'ailleurs ce n'était pas vraiment une question. Habituellement, Chantal raccrochait le combiné dès qu'elle comprenait la nature de l'appel. Elle ne se
sentait pas le courage d'opérer comme une de ses amies qui calmement, prenait le temps de parler avec considération. Je vous ai écouté parler disait-elle, et une colère gronde en moi, mais sachez
que je ne vous en veux aucunement, vous ne jouez pas ce rôle de gaieté de coeur, c'est contre votre employeur que j'enrage, et contre cette société de consommation qui fabrique des zones de
déshumanisation totale dont vous êtes victimes. Je ne vous retiendrai pas plus car je sais que votre temps d'écoute est compté. Je vous souhaite sincèrement bon courage. Chantal, au contraire de
son amie, avait une réaction épidermique dès qu'elle entendait parler de fenêtres, police d'assurance ou assurance-vie et sondages. Raccrocher instantanément lui évitait de s'irriter trop avant.
Une fois chez elle, au 7eme étage, elle aspirait au repos et veillait comme un rapace à ce que son nid ne soit pas contaminé par les miasmes du monde d'au delà de sa tour.
-
Pourquoi cette fois écouta-t-elle l'homme lui débiter ses obscénités ? Faiblissait-elle ? Etait-elle atteinte du virus coulé dans l'eau des camps de
consommation ? Etait-elle si désespérée qu'elle conférait au comptoir du hasard le pouvoir de répondre à un besoin dont elle même n'avait pas
connaissance ? Avaient-Ils eu raison de sa résistance ? Elle n'en croyait rien contrairement au grand-père, dans son dos, outré. Le vieux-singe posé sur la cheminée en son cadre de bois sculpté
adoptait un air des plus désapprobateur. Autant te tirer une balle dans la tête, semblait-il dire, prêt à péter le cadre pour venir tancer sa petite-fille. Chantal le remarqua lorsqu'elle
entreprit de remettre une bûche sur les braises.
- Eh! Vieux singe, tu me crois capable de tomber ? Je te remercie du peu de confiance que tu m'accordes ! Que l'autre zigoto au bout du fil soit convaincu de m'avoir vendu sa camelote, OK, c'est
son boulot. Qu'il espère me voir demain en tailleur sourire, je veux bien. Mais pas toi ! Le vieux singe tenta de se justifier. Elle semblait bien seule dans son combat face à un ennemi
invisible, partout et nulle part. Ce que je t'ai transmis, disait-il, ne te sert de rien aujourd'hui. Bien sûr que j'ai peur de te voir tomber et qu'Ils te fassent prisonnière, Eux dont on a
troué le crâne à travers lequel coule leur cervelle.
- Jamais ils ne me boufferont grand-père. Et je ne suis pas aussi seule que tu le crois. Je t'ai déjà parlé de mes soirées du lundi soir. J'assiste à des réunions avec des êtres gais et pensants.
Ensemble nous créons, sur papier, des espaces de vie inattaquables par le système. Inattaquables car même s'Ils se saisissaient du papier, ils ne pourraient rien contre la pensée qui a donné
naissance aux traces déposée sur le papier. Le papier aide à préciser la pensée, à la déplier, à lui donner une forme, à la rendre palpable. Le papier est un tremplin pour faire décoller la
pensée dans l'air que nous respirons. Plus cet air sera abondant, plus le système sera rongé, jusqu'à s'effondrer. Certes nous ne sommes pas assez pour anéantir le système. Mais d'autres ailleurs
opèrent la même magie. Ce n'est pas la façon de lutter que tu connais, mais comme tu le dis, l'ennemi n'est pas le même.
- Le vieux singe fut rassuré. Il se sépara de son air réprobateur, reposa les narines, lissa les quelques cheveux hérissés sur son crâne quasi chauve, rabattit ses oreilles encore au garde à
vous. Il oublia la tentation du voyage dont il avait soupçonné sa petite-fille et ne la questionna pas sur le pourquoi de son changement d'attitude face aux harpies du téléphone. Il se retira en
entendant le crépitement de la bûche entrain de se consumer, un bois un peu trop vert probablement, et en se régalant de l'air chaud du conduit de cheminée qu'il imaginait lui réchauffer la
nuque.
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Le lendemain cependant, il vit sortir sa petite-fille en tailleur. Elle ne portait pas encore le sourire. Chantal s'en munit en arrivant au comptoir
du hasard, rue St quelque-chose dans le truc arrondissement. Elle prit sur elle de ne pas fuir quand son escarpin se
posa sur la moquette rouge de l'open-space chip éclairé au néon. Elle ne connaissait pas ce genre d'endroit, elle n'y avait aucun repère. Peut-on avoir des repères dans ce genre d'endroit et
quel genre de repères ? Elle cherchait un emplacement où auraient pu se poser des yeux pour se reposer de l'agressivité du lieu. Pourquoi se sentait-elle agressée ? Paralysée à quelques mètres
en avant de la porte coulissante transparente de l'entrée (un pas en arrière et la porte s'ouvrait), elle laissa échapper quelques larmes, bien qu'elle réalisât rapidement et avec certitude,
que l'endroit n'avait aucune capacité pour accueillir ces larmes là, comme le lui confirmèrent les rires terrifiants provenant d'un box sur sa gauche. Une hôtesse l'y emmena justement, après
lui avoir bandé les yeux. Chantal n'opposa aucune force. Elle s'arma de son sourire tel que demandé la veille. On la fit asseoir. Elle entendait des bribes de conversation téléphonique plus ou
moins lointaines, et tout proche, les sons de deux corps prenant place devant elle avec des accessoires, notamment des instruments, un à corde, un à peau, lui sembla-t-il. Ils veulent me vendre
la marchandise en chantant, pensa-t-elle. Elle entendit un chuchotement d'homme dans lequel elle crut reconnaître la voix du terroriste téléphonique de la veille. Prête ? prête. Attention un
deux et un deux trois, bandeau, c'est parti !
- A ce moment et simultanément, Chantal entendit et n'entendit pas, elle vit et ne vit pas. Elle voulait and would prefer not. Un femme nue cuisse ouverte derrière le tam-tam et un homme nu une
espèce de mandoline grattant son sexe. Ils éructaient l'incroyable chance des gens qui comme Chantal avaient gagné le voyage dans un hôtel de rêve dans un pays de rêve, sur une côte d'Azur à la
langue exotique, extase et sérénité, calme luxe et volupté. Derrière eux défilaient des images de plages, d'hôtel, de piscine, de dents blanches entre lèvres rouges serrées sur paille plongée
dans verre de cocktail.
- Chantal n'était pas tombée, non, mais elle s'était illusionnée, et son désespoir était à la hauteur de sa désillusion. Naïvement sans doute, elle pensait trouver en face d'elle un jeune homme
contraint à s'humilier pour gagner l'argent nécessaire à une vie d'étudiant. Elle s'était déplacée, et avait joué le jeu uniquement pour le rencontrer et le convaincre de se joindre aux réunions
du lundi soir, pour se laver de son humiliation et respirer une autre pensée. Ce qu'elle découvrait, c'était un homme et une femme qui semblaient en accord avec le rôle indigne qu'ils jouaient
dans le système. Croyante jusqu'au bout des ongles, elle espéra qu'eux aussi pouvaient encore réagir mais pour une fois, Chantal mis en doute le pouvoir des réunions du lundi soir sur une partie
de ses semblables.
Publié dans : croquis du jour
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Lundi 18 octobre 2010
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12:16
J'aimerais te dire en 8 pieds
8 minutes le combat le désir
quand je suis sise sûrement
séant scellé dos au dossier
Comme j'aimerais être de la partie...
Belotte et re et dix de der
la mère grille au foyer
sous la poêle les flammes cherchent
l'espace pour noircir les châtaignes
le père joue et les amis
je suis debout sous le manteau
j'ai chaud au cul j'ai chaud au coeur
j'aimerais vous lire c'que j'ai écrit
ton fricot de mot ? pourquoi don
sers nous plutôt un apéro
J'avais huit ans probablement
ils tiraient les cartes, le néon
comptait plus que la lumière jaune
dehors les étoiles annonçaient
l'hiver, je me suis défossée
j'ai sali mes doigts en mangeant
les châtaignes, je me suis grillée
peut-être pas à tout jamais
mais pour une belle éternité
La Seine est loin, loin du foyer
il est des trous ici, espace
des trous de temps, des trous d'amour
qui pansement sur les brûlures
guérissent. Il est des mots, des gestes
qui dorent la peau, astiquent l'esprit
A moi aussi ils sont venus !
Ces mots j'aimerais les écrire
j'aimerais te les dire quand
la mine cessera de cracher dans les sillons noirs de mes doigts.
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